Haïkus de pays

Polar et poésie sont mes lectures préférées. Je vous devine sourire tant ces deux formes de littérature semblent aux antipodes l’une de l´autre. Elles ont en commun de regarder le monde et d’interroger ses mystères. Je vous invite à découvrir mon blog d’auteure (https://agnesdecize.com/)

Versant noir ou versant d’or, deux chemins pour dire l’indicible de la vie, pour retenir la fulgurance ou l’éternité de l’instant, pour questionner l’énigme de l’amour et de la mort.

Je suis une inconditionnelle du haïku, ce poème japonais, traditionnellement de 17 syllabes, traduit en français dans trois vers de 5-7-5 syllabes. Une certaine souplesse est possible, de 16 ou 17, (grâce à l’apocope ou la diérèse). De même pour traduire l’esprit du haïkiste, le poème peut utiliser des oh et des ah, des tirets ou des points de suspension, d’exclamation et d’interrogation.

J’aime le haïku parce qu’il est une image suscitant une émotion. Il parle directement au cœur, en convoquant tous nos sens. Il est un poème toujours simple et dépouillé qui dit l’éphémère et l’émerveillement. La légèreté est son essence.

Son exigence est dans une écriture concise, imagée et rythmée. Il se dit en une respiration. La contrainte de forme est jubilatoire, elle ouvre des espaces inconnus. Les règles ouvrent un désir infini à la créativité.

La nature est le premier matériau, d’où le critère du mot-saison (kigo en japonais). Mais au fil des siècles, le haïku s’est adapté à chaque contexte. Il existe aussi des haïkus de circonstances, liés à des événements particuliers ((Hiroshima par exemple). Il n’est pas non plus exempt d’humour et de facétie. De nombreux haïkistes les pratiquent.

J’aime le haïku car il est un désir impérieux de nommer l’instant. Il est une urgence à dire, sans discours, sans commentaire. Il dit la fragilité du présent, signant ainsi la nécessité de vivre dans l’ici et le maintenant.

Il déploie le désir de la sensation. L’émotion créée dit le vivant dans une image ou un son. Le lecteur est pris instantanément dans la scène, happé par le vertige de la densité. Son imaginaire a un espace infini pour s’y déployer. Tout un univers à partir de 17 syllabes, c’est fabuleux.

Je vous propose aussi  des senryus. Ce sont aussi des poèmes courts dont les 17 syllabes s’agencent autrement : 2-3-6-6 / 4-4-4-5 / 7-7-3 / 8-9.

Je vous donne rendez-vous chaque semaine !